L’IA et le SEO : et si la réalité était moins alarmiste que le discours ?
- Fabrice GAUD

- il y a 4 heures
- 3 min de lecture
L’essor fulgurant des outils d’IA générative, capables de répondre instantanément aux requêtes des utilisateurs, a nourri un débat passionné – et souvent anxiogène – sur l’avenir du référencement naturel. Entre prédictions catastrophistes et témoignages isolés, une question persiste : que nous enseignent vraiment les données à grande échelle ?
Une étude récente menée par Graphite en partenariat avec Similarweb apporte un éclairage précieux, loin des idées reçues.
En analysant plus de 40 000 des plus grands sites américains entre 2024 et 2025, les résultats révèlent une réalité bien plus nuancée : le trafic SEO n’a reculé que de 2,5 % sur un an, une baisse modeste comparée aux annonces de chutes de 25 à 60 % parfois relayées.
Une tendance qui corrobore d’ailleurs les déclarations de Google, qui affirmait dès l’été 2025 que le volume global de clics organiques restait globalement stable.
Le SEO ne recule que de 2.5% sur 1 an
Des disparités marquées selon la taille des sites Tous les acteurs ne sont pas impactés de la même manière :
Les 10 sites les plus visités ont même enregistré une hausse moyenne de 1,6 % de leur trafic SEO.
Les sites intermédiaires (classés entre le top 100 et le top 10 000) subissent en revanche des reculs plus prononcés, reflétant davantage une redistribution de l’attention qu’un effondrement du canal.
Cette évolution interroge : assistons nous à une concentration accrue du trafic vers les géants du web, ou à une transformation des comportements de recherche ?
Les moteurs de recherche résistent, malgré la montée en puissance des LLMs Contrairement à l’idée d’un déclin inéluctable, le trafic vers les moteurs de recherche a légèrement progressé en 2025 (+0,4 %), avec Google en tête (+0,8 %). Un signal fort : la recherche reste un réflexe ancré pour accéder à l’information, même à l’ère de l’IA conversationnelle.
Le réflexe "Moteur de recherche" est toujours bien présent
Quant aux AI Overviews de Google, souvent désignés comme bouc émissaires, leur impact est réel… mais limité :
Ils n’apparaissent que dans 30 % des requêtes, principalement sur des recherches informationnelles.
Leur présence réduit le taux de clic vers les résultats organiques de 35 % en moyenne, mais les requêtes commerciales ou transactionnelles – cruciales pour de nombreux éditeurs – restent peu affectées.
Des méthodologies fragiles à l’origine des idées reçues Pourquoi un tel décalage entre le ressenti du marché et les données observées ? L’étude souligne les biais des enquêtes déclaratives :
Petits échantillons, biais de mémoire, formulations orientées… Autant de facteurs qui faussent la perception.
À l’inverse, l’analyse de panels massifs (comme ceux de Similarweb) permet d’identifier des tendances structurelles et fiables.
Autre idée reçue battue en brèche : Google ne détourne pas massivement les clics vers la publicité. Près de 90 % des clics issus du moteur restent organiques, malgré une légère progression des annonces payantes.
Sur Chrome 9 cliques sur 10 proviennent encore du SEO
Le SEO n’est pas mort, mais il se réinvente En conclusion, les données dessinent un paysage bien différent des scénarios apocalyptiques :
Le SEO ne disparaît pas, mais il se complexifie.
Les stratégies doivent s’adapter, en misant sur la qualité du contenu, l’expérience utilisateur et une approche data-driven.
Et vous, comment percevez vous ces évolutions ? Le SEO reste-t-il un pilier de votre stratégie digitale en 2026 ? Partagez vos retours en commentaires !





































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